22 ans de prison pour l’ancienne députée kurde Leyla Güven

Leyla Güven, Coprésidente du Congrès pour une Société démocratique et ancienne députée du Parti démocratique des Peuples, a été condamnée, ce lundi, à 22 ans et trois mois de prison par un tribunal turc, pour « appartenance à une organisation terroriste ».

L’appareil judiciaire turc a rendu, ce lundi 21 décembre, une autre décision scandaleuse à l’encontre de l’opposition kurde. Leyla Güven, ancienne députée du Parti démocratique des Peuples (HDP) et coprésidente du Congrès pour une Société démocratique (DTK), a été condamnée à 22 ans et trois mois de prison par la cour criminelle de Diyarbakir, une condamnation assortie d’un mandat d’arrêt.

18 chefs d’accusation ont été retenus contre l’ancienne députée kurde qui est inculpée pour « terrorisme », notamment en lien avec ses activités de membre et dirigeante du DTK et des manifestations et rassemblements auxquels elle a participé entre 2016 et 2018.

Bien que le DTK ne soit pas interdit, ses membres sont systématiquement criminalisés. Au cours des derniers mois, des centaines de militants et dirigeants de cette organisation faîtières de la société civile kurde, dont des élus et des journalistes, ont été arrêtés. Beaucoup se trouvent aujourd’hui derrière les barreaux

Mme Güven a été condamnée, entre autres, pour “formation et direction d’une organisation terroriste”, “appartenance à une organisation terroriste”, “incitation de la population à des rassemblements et des manifestations illégales” et “participation non armée à des manifestations illégales qui ne respectent pas l’ordre de se disperser”. Ces dernières accusations sont en lien avec les manifestations organisées pour dénoncer l’invasion de la ville kurde d’Afrin (nord de la Syrie) par la Turquie, entre janvier et mars 2018.

Représentée par ses avocats Serdar Çelebi et Cemile Turhallı Balsak, Mme Güven n’a pas assisté à l’audience. Le verdict est basé essentiellement sur le témoignage d’Evindar Oruç, principale témoin de l’accusation. Cette dernière s’était pourtant rétractée lors de la première audience, déclarant qu’elle ne connaissait pas personnellement Leyla Güven, ne l’avait jamais rencontrée et ne savait pas si elle avait un quelconque lien avec le PKK. Elle a expliqué par ailleurs qu’elle avait accepté de témoigner contre Leyla Güven en échange de la promesse du procureur de l’aider.