La peine de mort de Zeynab Jalalian annulée

Le régime iranien aurait annulé la peine de mort de Zeyneb Calaliyan, l’activiste kurde des droits de femmes, en prison depuis 2008.

Les autorités iraniennes ont décidé d’annuler la peine de mort de Zeyneb Calaliyan, après un long silence, selon son avocat Mohammad Sharif, a-t-on appris samedi 17 décembre de sources kurdes. Sa condamnation à la peine de mort a été commuée en peine de prison, affirme l’avocat, sans préciser pour combien d’années.

Arrêtée au cours de l’année 2008, cette femme de 29 ans qui vivait à Mako avait été condamnée à mort pour « inimitié à l’égard de Dieu » en janvier 2009 par le tribunal révolutionnaire de Kermanshah, lors d’une audience de sept minutes. Elle était accusée « d’apostasie » et d’être membre du PJAK, Parti pour une vie libre au Kurdistan.

La jeune femme avait passé huit mois auparavant en détention dans des locaux dépendant du ministère du Renseignement, et durant cette période, sa famille ignorait ce qu’il était advenu d’elle. La condamnation à mort avait été confirmée par la Cour suprême le 26 novembre 2009. Jalalian se trouve actuellement à la prison de Kermanshah, la grande ville kurde.

L’Amnesty International, les activistes iraniens et les femmes kurdes avaient mené plusieurs campagnes de sensibilisation pour Zeynab Jalalian, afin d’obtenir sa libération.

La décision des autorités iraniennes intervient après le cessez-le-feu du PJAK, principal mouvement kurde en Iran, déclaré le 5 septembre dernier après trois jours de combats violents. Le PJAK avait également rendu les corps de 12 soldats iraniens tués entre le 2 et le 4 septembre, annonçant être prêt au dialogue et à une solution pacifique pour le problème kurde au Kurdistan oriental.

Dix prisonniers politiques kurdes ont été exécutés depuis 2007 par le régime iranien. Au moins 17 autres seraient toujours dans le quartier des condamnés à mort en raison de leur appartenance présumée à des organisations kurdes interdites et de leurs activités pour le compte de ces groupes.

Il s’agit de, Habibollah Latifi, Sherko Moarefi, Anvar Rostami, Rostam Arkiya, Mostapha Salimi, Hassan Talai, Iraj Mohammadi, Rashid Akhkandi, Mohammad Amin Agoushi, Ahmad Pouladkani, Sayed Sami Hosseini, Sayed Jamal Mohammadi, Loqman Moradi, Zanyar Moradi, Aziz Mohamadzadeh, Abdoullah Sirouri et Hossein Khezri.

Selon plusieurs sources, l’exécution du prisonnier politique kurde Habibollah Latifi, qui devait être exécuté en décembre 2010, a été reportée au cours du même mois. (M.A)