Les mairies se féminisent au Kurdistan de Turquie

Le principal parti kurde BDP a présenté des candidates dans une cinquantaine de provinces pour les élections municipales qui doivent avoir lieu le 30 mars prochain. Toutes les mairies BDP seront co-présidées, une première au monde.

Selon un rapport du conseil des femmes d’Izmir, le parti pour la paix et la démocratie (BDP) a présenté des candidates dans 49 provinces dont Diyarbakir, capital du Kurdistan de Turquie, en adoptant le système de coprésidence, malgré l’inconformité avec le systeme actuel de la Turquie.

Après le 30 mars, toutes les maries BDP seront co-présidées par une femme et un homme.

La part des femmes dans les autres partis politiques est minime. Le parti au pouvoir turc, l’AKP de Recep Tayyip Erdogan, ne présente qu’une femme dans les 81 provinces, tandis que le parti kémaliste CHP présente 31 femmes dans 745 villes et districts. Le parti ultranationaliste et antikurde MHP a donné seulement 12 places aux femmes dans 1.064 villes et districts.

Le rapport du conseil des femmes indique que les femmes représentent 44,5% chez le parti kurde BDP, contre 4,16% au CHP, 1,23% à l’AKP et 1.12% au MHP.

Le mouvement kurde en Turquie est aujourd’hui la principale source de lutte pour les droits des femmes dans l’ensemble du Moyen-Orient. Le BDP exige un quota par sexe. Les femmes sont représentées dans toutes activités politiques et culturelles kurdes. Elles ont aussi leurs propres organisations qui sont de plus en plus actives dans la vie quotidienne.

La présence des femmes dans tous les domaines est également une ligne rouge pour l’Union des Communautés du Kurdistan (KCK), système politique du PKK. La KCK est dirigée par un système de co-présidence, constitué d’une femme et un homme, comme toutes les autres organisations réunies sous sa bannière dont l’organisation armées des femmes.

Les femmes kurdes ont aussi été le premier sujet de la révolution kurde en Syrie, devenant l’un des principaux piliers du système de l’autonomie démocratique du Kurdistan syrien. Elles ont eu accès à tous les niveaux de l’administration autonome, formée de trois cantons. C’est une révolution dans la révolution.